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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:33

Dimanche 04-11-2012

Marc 12, 28-34: le premier commandement.

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ta pensée", "tu aimeras ton prochain comme toi-même". Voilà sans doute parmi les paroles les plus connues du Christ, celles qui résument le mieux son message, celles qui s'incrustent dans les mémoires et qui restent lorsque l'on a oublié tout le reste.

Mais justement tout le monde sait que le Christ a dit cela mais "et alors?" Nous savons bien nous à quel point c'est difficile d'aimer son prochain. Nous savons bien ce que c'est qu'aimer ! C'est justement l'une des choses les mieux connues, nous sommes tous capables d'aimer, et surtout nous reconnaissons sans hésiter l'amour lorsque quelqu'un nous aime pour de vrai. Nous sommes tous des artisans d'amour, pour notre conjoint, pour nos enfants, nous avons tous reçu de l'amour, nous savons ce que c'est. Mais nous connaissons aussi l'inverse, la haine, la colère, le mépris etc. Et nous sommes parfaitement capables tous de faire la différence entre l'amour et son contraire. Alors quand le Christ nous dit d'aimer notre prochain, nous savons bien ce que nous devrions faire mais force est de constater que nous ne le faisons pas. Alors on se trouve tout un tas d'excuses, on met nos réactions de haine sur le compte d'une enfance difficile ou de circonstances particulières. Ou mieux encore, nous sommes même capable de rejeter la faute sur l'autre. Si nous n'aimons pas notre prochain, c'est simplement parce qu'il n'est pas aimable, parce qu'il est insupportable, parce qu'il nous énerve ou parce qu'il nous a fait du mal. Et alors on se dit que les paroles de Jésus, c'est bien gentil mais qu'il faut être réaliste, on ne peut pas aimer tout le monde, voyons.

Même chose pour Dieu, Jésus veut que nous aimions Dieu. D'accord mais … c'est difficile. D'abord parce que personne ne l'a jamais vu et d'ailleurs il nous arrive de nous demander si il existe vraiment. Comment aimer quelqu'un dont on doute de l'existence ? Où bien on fait comme avec les humains, on rejette la faute sur Dieu. Si on ne l'aime pas, c'est parce qu'il ne nous a pas donné ceci ou cela, n'a pas répondu à une prière, ou bien semble si éloigné, si désintéressé de notre sort que l'on se dit qu'il ne nous aime pas, et comment aimer quelqu'un qui ne nous aime pas.
Toutes ces raisons de ne pas aimer Dieu et notre prochain, nous les connaissons tous, nous avons tous un jour utilisé ce genre d'excuses. Mais finalement tout cela revient au même que le jour où Adam, au moment où Dieu lui demandait des comptes, lui a répondu, "c'est pas moi, c'est elle…". Ce n'est jamais notre faute, toujours celle de l'autre. Comme des enfants pris la main dans la confiture…

Remarquons cependant une chose, de quoi parle Jésus ? On lui avait demandé quel était le premier commandement. C'est à dire qu'on voulait le tester, certainement pas avec de mauvaises intentions mais juste comme ça pour voir ! Un peu comme nous lorsque nous rencontrons quelqu'un que l'on voudrait mieux connaître, lui demandons son avis sur tel ou tel sujet, histoire de faire connaissance.
Et c'est cela que fait le scribe, il ne tend pas un piège à Jésus, il veut sincèrement comprendre le fond de sa pensée. Et il n'attend sans doute pas une réponse précise, il veut simplement savoir lequel parmi les plus de 600 commandements de la Loi a la faveur de cet homme qui prêche les foules.
Et vous, si maintenant un jour dans la rue une personne, au fil de la conversation venait à vous demander quel est selon vous le premier commandement, quelle serait votre réponse ? Bien malin qui pourrait sincèrement répondre. Essayez voir ! Alors on essaierait de trouver une réponse un peu toute faite, en remuant les vagues souvenirs d'enfance ou de catéchisme et on répondrait justement notre commandement d'aujourd'hui "le 1er commandement c'est d'aimer Dieu… et son prochain".

Mais Jésus lui a fait un choix, parmi tous les commandements qui existaient, il en a choisi deux, éliminant du même coup tous les 598 autres. Il n'a même pas pris le 1er des dix commandements "tu n'aura pas d'autre Dieu que moi" ni le second, ni le 5e, bref il a fait un choix dans la Loi, voilà ce qui pour lui est le plus important, l'essentiel, ce qui remet tout le reste en question. Et le scribe a bien compris, c'est lui qui explique, finalement cela revient à dire que l'amour pour Dieu et pour le prochain sont plus importants que les rites et les sacrifices de la religion.
Que finalement l'on n'aime pas particulièrement Dieu si l'on se contente de lui faire des sacrifices mais que l'on n'oublie l'amour concret pour le prochain. Faire des sacrifices, ce n'est pas aimer Dieu, c'est se faire plaisir à soi-même, se tromper soi-même. Avez vous remarqué que Jésus met l'homme et Dieu sur le même pied ? Il faut aimer l'un et l'autre également, les deux commandements sont semblables.
Jésus exprime donc un commandement, c'est un choix bien sûr, mais en même temps, c'est un ordre. C'est à dire que toutes les excuses que nous trouvons pour ne pas aimer Dieu et notre prochain ne sont que du vent. Peu importe finalement pour le Christ que l'autre, mon voisin, l'étranger, mon collègue de travail ne me plaise pas, qu'il soit antipathique ou pas aimable. Ce n'est pas à l'autre que Jésus parle mais à nous. C'est nous qui devons absolument faire tout notre possible pour aimer l'autre, même s'il n'est justement pas aimable. Ce n'est pas une option que nous pourrions choisir, nous devons aimer !

Alors ce n'est pas un instinct de souffrance ou de dévouement, de sacrifice justement mais une autre qualité de relation qui doit s'instaurer.

C'est justement ce que dit Jésus, l'amour est supérieur à tous les sacrifices. Et d'ailleurs, c'est aussi valable pour nous, pour nos rituels, nos sacrements. À quoi servirait-il d'être baptisé ou de venir à la cène si l'on n'aime pas son prochain ?

Jésus nous dit ce que nous devons faire "aimer Dieu et notre prochain" mais il nous dit aussi comment, de quelle manière le faire.
Aimer Dieu certes mais "de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force". C'est à dire entièrement, sans compromis, être capable d'aller au bout de soi-même, d'être entier. C'est l'une des choses qui manque le plus à notre époque et qu'il nous faut apprendre à nos enfants, aujourd'hui l'on "zappe", l'on passe d'une chose à une autre dans une grande variété d'activités mais l'on ne s'engage plus dans rien. On s'enthousiasme aujourd'hui pour telle chose, demain pour telle autre. On s'émeut maintenant pour tel problème grave, et tout à l'heure on l'aura oublié et un autre nous préoccupera sans que nous ayons rien fait pour le premier. Nous sommes à l'époque des demi-mesures, des parcelles. Notre vie est fragmentée, nous sommes différents aux différentes heures de la journée et devant les différentes personnes que nous rencontrons. C'est une triste réalité qui nous est imposée par le monde moderne (tiens encore une fois "c'est pas moi, c'est l'autre…").
Et ce n'est pas ainsi que Dieu veut être aimé. Il veut la totalité de notre personne. Il ne tient pas particulièrement à être le dieu de nos dimanches matin ou de nos baptêmes, il veut être le Dieu de nos vies entières. Cœur, âme, pensée, force; la Loi ajoute aussi l'intelligence, mais peu importe les distinctions, peu importe de préciser ce que c'est que le cœur, etc. , nous le savons bien. Ce que cette expression veut dire, c'est qu'il nous faut appartenir totalement au Christ, ne pas cesser d'y penser. Encore une fois il ne s'agit pas maintenant de ne plus lire que le Ralliement protestant ou d'autres pieuses lectures, de ne plus fréquenter d'autre personnes que des paroissiens et de passer ses journées à prier. Non, l'on peut penser au christ, lui obéir sans jamais prier, en ne lisant la bible que rarement et en ne fréquentant que rarement l'Église. Et cela en respectant le second commandement: d'aimer son prochain. Mais cela, c'est difficile seul, c'est justement dans la communauté de l'Église que l'on apprend à aimer le prochain, c'est en lisant la bible que l'on apprend l'amour que Dieu a pour nous, c'est en priant que l'on apprend à aimer Dieu.

Remarquez encore une fois que les deux commandements sont semblables, c'est à dire que leurs attributs sont interchangeables. On pourrait dire par exemple "tu aimeras le Seigneur ton Dieu comme toi-même" et "tu aimeras ton prochain de toute ton cœur, de toute ta force, de toute ta pensée et de toute ton âme", cela reviendrait au même. C'est à dire que l'amour que nous devons avoir pour le prochain doit être aussi complet, aussi entier que celui que nous avons pour Dieu. D'ailleurs l'un sert souvent de révélateur à l'autre. C'est jean qui demandait comment l'on pouvait prétendre aimer Dieu que l'on ne voit pas si en réalité, l'on est incapable d'aimer les gens que l'on voit tous les jours.
Bien souvent nous aimons mais en prenant des garanties, en posant des conditions. "Je t'aime aussi longtemps que tu correspond à mes attentes, ou à condition que tu fasse telle ou telle chose". Tous, nous aimons d'une certaine façon à moitié, tout simplement parce que nous n'osons pas aimer l'autre pleinement parce que finalement on ne sait jamais où cela peut nous mener, l'on risque de perdre quelque chose si l'on aime trop. Mais en réalité, l'on n'aime jamais trop, l'on ne donne jamais trop d'amour à son enfant, à son conjoint, à son parent, à son ami, à son prochain tout simplement, on en donne toujours trop peu justement. Imaginez simplement ce que serait la vie si seulement nous osions nous aimer tel que le christ nous le commande, entièrement, totalement, sans arrière pensée, sans tous ces chantages, ces conditions que l'on pose, ces querelles insipides qui meublent nos relations ! Si nous osions aimer, même celui qui nous étranger, de tout notre cœur. Alors nous serions comme le scribe, nous ne serions vraiment pas loin du royaume de Dieu.

Mais si l'on peut inverser les commandements, c'est vrai aussi pour le premier "aime Dieu comme toi-même". Avez vous déjà une fois essayé de vous mettre à la place de Dieu ? et d'être ainsi au ciel et de voir le monde, de vous voir dans votre vie ? Si vous étiez Dieu, comment réagiriez-vous au spectacle de la terre ? Heureusement que nous ne sommes pas à sa place !
Aimer Dieu comme soi-même revient à changer notre regard, tout ce que nous aimerions que Dieu fasse pour nous, faisons le pour lui. Aime ton prochain comme toi-même, c'est cela, ne rien faire à un autre que l'on ne voudrait pas qu'il nous fasse et plus encore, de manière positive, c'est se comporter envers l'autre comme nous aimerions qu'il se comporte envers nous. C'est la base de la vie en société, du contrat social, c'est la règle d'or du Christ. Et avec Dieu c'est pareil, si nous aimerions qu'il se préoccupe de nous, commençons par nous préoccuper de lui. Si nous voulons que nos prières soient exaucées, commençons par exaucer les siennes…

Mais attention, si le christ met à égalité l'amour de Dieu et l'amour de l'homme, c'est justement parce que Dieu aussi aime l'homme comme lui-même et de toute sa force, de tout son cœur. C'est ce qui se passe avec le Christ, voilà que Dieu est devenu homme. Dieu aime l'homme, il aime le monde et il l'aime tel qu'il est avec ses défauts. Nous essayons toujours de faire la distinction entre les bons et les mauvais, Dieu, lui, ne la fait pas, il ne recherche pas l'homme idéal, il aime et accepte l'homme réel. Il nous aime et nous accepte tel que nous sommes. Dans notre amour imparfait nous exigeons des garanties, prenons des précautions, aimons incomplètement. Dieu, lui, n'a pas besoin de garanties, il ne prend pas de précaution. Il nous aime. Si seulement nous étions capables de voir le monde et nos frères tels que Dieu les voit car finalement les deux commandements du Christ, reviennent à dire qu'il nous faut aimer notre prochain comme Dieu lui-même l'aime et nous a aimés.

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Published by Mapuanga terai - dans Aòraa
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